Un steak trop cuit dehors et cru dedans, des saucisses noircies, un poulet rose à l'os : les ratés du barbecue tiennent presque toujours au temps de cuisson et à la gestion de la chaleur. Chaque aliment a son rythme, et un steak de deux centimètres ne se traite pas comme une cuisse de poulet ou un pavé de saumon. Ce guide donne les repères par face pour chaque grande famille d'aliments, la façon de gérer deux zones de chaleur, les signes qui montrent qu'une viande est cuite, et la bonne manière d'éteindre le barbecue une fois le repas fini.
Un barbecue à couvercle pour maîtriser la cuisson
Le barbecue à charbon kisidus avec couvercle facilite la cuisson en deux zones et la cuisson indirecte à couvert, celle qui réussit les grosses pièces sans les brûler. Le couvercle stabilise la chaleur et raccourcit les temps sur la volaille comme sur les légumes.
Par Marc Lefort · Testeur barbecue, 8 ans de cuissons en plein air · mis à jour le 18 juin 2026
Temps de cuisson au barbecue par aliment

Le tableau des temps de cuisson au barbecue
Voici les repères de base, pièce par pièce. Les temps s'entendent en cuisson directe, au-dessus de braises bien grises et régulières, sur un charbon prêt à cuire. Ils restent indicatifs : l'épaisseur de la pièce, la chaleur des braises et le vent font varier le résultat de plusieurs minutes.
| Aliment | Épaisseur / type | Temps par face | Repère de cuisson |
|---|---|---|---|
| Steak, bavette | Environ 2 cm | 2 à 3 min | Croûte brune, chair souple, jus rosé (saignant) |
| Entrecôte | Environ 2,5 cm | 3 à 4 min | Résiste sous le doigt, jus rosé clair (à point) |
| Côte de bœuf | 4 à 5 cm, ~1 kg | 5 à 6 min puis 10 à 15 min zone douce | Cœur tiède, encore rosé ; laisser reposer |
| Côtelettes d'agneau | Environ 2 cm | 3 à 4 min | Doré dessus, cœur rosé |
| Magret de canard | Entier | 6 à 8 min côté peau, 3 à 4 min côté chair | Peau croustillante, cœur rosé |
| Cuisse, pilon de poulet | Avec os | 12 à 15 min à feu doux, en tournant | Jus clair sans trace rosée à l'os |
| Blanc, filet de poulet | Environ 2 cm | 5 à 6 min à feu moyen | Chair blanche à cœur, plus de rose |
| Saucisse (chipolata, Toulouse) | Fraîche | 8 à 12 min au total, en tournant souvent | Peau dorée et ferme, sans éclater |
| Merguez | Fraîche | 6 à 8 min au total, en tournant | Croûte grillée, chair ferme |
| Brochettes de bœuf, d'agneau | Cubes de 3 cm | 8 à 10 min au total, 4 faces | Dorées partout, cœur encore rosé |
| Brochettes de poulet | Cubes de 3 cm | 10 à 12 min au total, en tournant | Chair opaque, plus de jus rosé |
| Poisson entier (dorade, ~400 g) | Vidé, écaillé | 6 à 8 min par face à feu moyen | Chair qui se détache de l'arête |
| Pavé de saumon, filet | Avec peau | 3 à 4 min côté peau, 2 à 3 min chair | Chair opaque, feuillets qui se séparent |
| Gambas, grosses crevettes | Entières | 2 à 3 min par face | Carapace rosée, chair ferme et blanche |
| Courgette, aubergine en tranches | 1 cm d'épaisseur | 3 à 4 min par face à feu moyen | Marques de grille, chair tendre |
| Poivron entier | Entier | 15 à 20 min au total, en tournant | Peau noircie et cloquée sur tout le tour |
| Épi de maïs | Épluché | 15 à 20 min à feu doux, en tournant | Grains dorés, quelques marques brunes |
| Pomme de terre en papillote | Moyenne | 30 à 40 min en zone douce | Tendre à la pointe du couteau |
Deux règles traversent tout le tableau. Les pièces fines et grasses vont vite, à feu vif ; les grosses pièces et la volaille demandent une chaleur plus douce et plus longue, sinon elles brûlent avant d'être cuites à cœur. Le charbon de bois monte plus haut en température que les braises finissantes : pour bien doser la chaleur avant de poser la viande, la page barbecue à charbon détaille la lecture des braises.
Zone chaude, zone douce : cuire en deux temps
La meilleure grillade se joue sur la répartition du charbon, pas sur un chronomètre. En poussant les braises sur une moitié de la cuve, on obtient deux zones : une zone chaude, juste au-dessus du charbon, pour saisir, et une zone douce, sur la moitié vide, pour finir la cuisson à cœur sans brûler la surface.
C'est la différence entre cuisson directe et cuisson indirecte. La cuisson directe, pièce posée au-dessus des braises, saisit et marque : elle convient aux morceaux fins qui cuisent en quelques minutes, steak, merguez, tranches de légumes. La cuisson indirecte, pièce placée à côté du charbon et couvercle fermé, entoure l'aliment d'air chaud comme un four : elle réussit les grosses pièces et la volaille, une côte de bœuf ou des cuisses de poulet, qui ont besoin de temps sans excès de flamme.
Le geste type combine les deux. On saisit d'abord la viande sur la zone chaude, une à deux minutes par face pour la croûte, puis on la déplace sur la zone douce pour qu'elle finisse tranquillement. Un blanc de poulet saisi puis fini en zone douce reste moelleux ; le même filet gardé plein feu dessèche et noircit.
La règle des 3-3-3 pour un steak épais
Pour une pièce de bœuf d'environ trois centimètres, un repère simple circule : la règle des 3-3-3. Trois minutes sur la première face à feu vif, trois minutes sur la seconde, puis trois minutes de repos hors du feu avant de trancher. On obtient une croûte marquée et un cœur à point, rosé et juteux.
Ce n'est pas une loi, juste un point de départ à ajuster. Pour une pièce plus fine, on raccourcit chaque temps ; pour une cuisson plus saignante, on réduit la seconde face ; pour bien cuit, on prolonge en zone douce. Le repos, lui, ne se saute jamais : il laisse le jus se répartir dans la chair au lieu de fuir dans l'assiette dès la première entaille.
| Cuisson | Au toucher | Aspect du jus |
|---|---|---|
| Bleu | Très mou, cède sous le doigt | Chair rouge, à peine tiède à cœur |
| Saignant | Mou et souple | Jus rouge clair, cœur rouge |
| À point | Résiste, un peu élastique | Jus rosé, cœur rose |
| Bien cuit | Ferme sous le doigt | Jus clair, chair grise à cœur |
Le test du toucher se calibre sur sa propre main : la fermeté de la viande à point ressemble à celle de la paume, sous le pouce, quand on joint le pouce et le majeur. C'est plus fiable que le chrono, qui ne connaît ni l'épaisseur réelle ni la chaleur exacte des braises.
Comment savoir qu'une grillade est cuite
Le chrono donne le cadre, mais c'est l'œil et le doigt qui décident. Trois signes suffisent pour la plupart des cuissons, sans thermomètre.
- La couleur du jus. Pour la volaille, on pique la partie la plus épaisse : le jus doit couler clair, sans la moindre trace rosée. Un jus rosé signale une viande encore crue à l'os.
- Le toucher. Plus une viande cuit, plus elle raffermit. Bleue, elle est molle ; à point, elle résiste ; bien cuite, elle est franchement ferme. Une pression du doigt en dit plus qu'une entaille.
- L'aspect de surface. Un poisson est cuit quand sa chair passe de translucide à opaque et se détache en feuillets. Une saucisse est prête quand sa peau est dorée et tendue, sans être fendue.
Une seule interdiction traverse tout ça : ne pas piquer ni entailler la viande pour vérifier. Chaque trou laisse fuir le jus et dessèche la pièce. On retourne les grosses pièces une seule fois, avec une pince plutôt qu'une fourchette, et on garde la fourchette pour l'assiette.
Quelques cuissons à surveiller de près
Certains aliments ratent plus souvent que d'autres, presque toujours par excès de feu.
Les saucisses et merguez éclatent quand la chaleur est trop forte : la peau se tend, se fend, et la graisse coule sur les braises en enflammant tout. On les cuit à feu doux, sur la zone douce, en les tournant souvent. Inutile de les piquer avant : une saucisse piquée perd son gras et se dessèche.
Le poulet demande de la patience. Une cuisse posée plein feu noircit dehors et reste rose à l'os. La bonne méthode : saisir la peau deux minutes pour la croûte, puis finir douze à quinze minutes en zone douce, couvercle fermé, jusqu'à ce que le jus coule clair.
Le poisson colle et se casse si la grille n'est pas prête. On huile la grille et la peau, on attend qu'elle soit bien chaude, et on ne retourne le poisson qu'une fois, quand il se décolle tout seul. Un poisson entier dans un panier-grille se manipule sans se briser.
Pour décider quelle famille de barbecue chauffe le mieux selon ce que vous cuisez le plus souvent, le comparatif des barbecues de table classe les modèles par usage, et le guide comment allumer un barbecue détaille l'étape d'avant : obtenir des braises régulières, condition de tous ces temps de cuisson.
Comment éteindre un barbecue une fois le repas fini
Le repas terminé, il reste des braises actives dans la cuve. Bien éteintes, elles ne présentent aucun risque ; laissées à l'air ou noyées d'eau, elles font des dégâts. La méthode dépend du combustible.
Pour un barbecue à charbon, on étouffe le feu plutôt qu'on ne l'arrose. Fermez toutes les arrivées d'air, celles du bas de la cuve et celles du couvercle, puis fermez le couvercle. Privé d'oxygène, le charbon s'éteint de lui-même en une à deux heures. Ce qui reste de charbon non consumé pourra même resservir à la prochaine flambée.
Pour un barbecue électrique, il suffit de couper le thermostat et de débrancher : la résistance refroidit seule en quelques minutes, sans braise ni cendre à gérer. C'est l'un de ses avantages en appartement, où l'on ne peut de toute façon pas manipuler du charbon.
Dans tous les cas, le barbecue refroidit en extérieur. Un barbecue à charbon dégage du monoxyde de carbone tant que les braises rougeoient, un gaz inodore et mortel en espace clos : on ne rentre jamais un barbecue encore chaud dans un garage ou une véranda pour le faire refroidir.
Gérer les cendres en toute sécurité
Les cendres gardent de la chaleur bien plus longtemps qu'on ne le croit. Un fond de cuve qui semble froid en surface peut couver des braises vives en profondeur pendant vingt-quatre à quarante-huit heures.
- Attendez que les cendres soient totalement froides avant de les vider, au moins 48 heures après la dernière braise, pour les plus grosses quantités.
- Videz-les dans un récipient métallique fermé, jamais dans un sac plastique, une poubelle ni un tas de compost : une braise oubliée peut y remettre le feu.
- Ne rentrez jamais un seau de cendres, même tièdes, à l'intérieur : le monoxyde de carbone continue de s'en dégager tant qu'elles couvent.
- Videz le fond de cuve avant chaque nouvelle utilisation : un fond encrassé bouche les arrivées d'air et empêche le prochain allumage de prendre correctement.
Refroidies pour de bon, les cendres de charbon de bois pur, sans additif, s'utilisent en petite quantité au jardin ou au compost. Celles issues de briquettes avec liant se jettent avec les déchets ménagers, une fois parfaitement froides.